Information identifiée comme étant archivée dans le Web à des fins de consultation, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'a pas été modifiée ni mise à jour depuis la date de son archivage. Les pages Web qui sont archivées dans le Web ne sont pas assujetties aux normes applicables au Web du gouvernement du Canada. Conformément à la Politique de communication du gouvernement du Canada, vous pouvez la demander sous d'autres formes. Ses coordonnées figurent à la page « Contactez-nous »
par Olaolu Adegbite
Section de la lutte aux escroqueries sur les droits payables d’avance
Commission nigériane contre les délits économiques et financiers

Les arnaqueurs nigérians ont stupéfait le monde à la fin des années 80 par l’ingéniosité, la complexité et l’ampleur de leurs escroqueries sur les droits payables d’avance (DPA). Ce n’est qu’en 1991 qu’on a pu brosser un portrait précis du modus operandi qui valait à ces fraudeurs rusés des recettes annuelles de multiples millions de dollars. Leur nombre au pays et celui de leur cible à l’étranger se sont décuplés. Les escrocs ciblaient leurs victimes par courrier ordinaire, par télécopieur et par téléphone aux quatre coins du monde.
En 2000, le problème avait atteint une ampleur phénoménale, grâce essentiellement au recours efficace à la technologie de l’information. Ces criminels en col blanc sans vergogne ont redoublé d’audace devant l’inefficacité des autorités nigérianes. Ils vivaient dans l’opulence et se faisaient passer pour des philanthropes. À l’instar des barons de la drogue en Amérique du Sud et des mafiosi d’Italie dans les années 70, ils sont aussi devenus politiciens.
Le peuple nigérian a payé un lourd tribut. Tous les citoyens se sont vu accoler l’image d’escrocs par les intérêts étrangers. Les entreprises internationales ont été effrayées par la réputation douteuse du Nigeria, et les investissements étrangers directs ont chuté. À la fin de 2002, le Groupe d’action financière international (GAFI) contre le blanchiment d’argent a placé le Nigeria sur sa liste des pays non coopératifs. Et Transparency International a coté le pays parmi les nations les plus corrompues à son Index des perceptions de la corruption.
Au cours des dix dernières années, certaines villes de l’Ontario, du Québec, de la Colombie-Britannique et de l’Alberta sont devenues les bases des activités frauduleuses d’Afrique occidentale au Canada. Voici comment les organismes d’application de la loi canadiens combattent ce fléau :
La mise sur pied en avril 2003 de la Commission nigériane contre les délits économiques et financiers (Economic and Financial Crimes Commission, dite EFCC) a modifié la donne. Des mesures de répression rigoureuses, par voie d’arrestations, de poursuites, de renseignements, de prévention, de sensibilisation publique, de perturbation et de saisie de biens se sont soldées par une réduction sensible des escroqueries sur les DPA et autres délits économiques et financiers au Nigeria. Les bénéfices ont été immédiats et tangibles : croissance économique intense, amélioration de la réputation nationale et de la gouvernance politique, et rétablissement de la confiance chez les investisseurs étrangers.
L’EFCC a réduit l’attrait du pays pour les fraudeurs. Nombre d’entre eux ont renoncé à leur vocation illicite, tandis que quelques professionnels n’ont fait qu’émigrer dans des milieux moins hostiles où ils ont pu continuer à perpétrer leurs crimes de cupidité avec moins de risques matériels. De fait, la sous-région de l’Afrique de l’Ouest, plus particulièrement le Ghana, le Togo, la République du Bénin, le Burkina Faso, le Mali et la Côte d’Ivoire, a connu une hausse marquée d’activités liées aux fraudes sur les DPA depuis 2004. Le même constat s’applique à l’Afrique du Sud, au Royaume-Uni, à la Hollande, à l’Espagne, aux Émirats arabes unis et au Canada. Il est futile de prétendre que des Nigérians ne sont pas impliqués dans ces chaufferies établies à l’étranger.
Contrairement à ce que certains théoriciens ont suggéré, nous n’avons pas encore établi de liens concrets entre les réseaux nigérians d’escroqueries sur les DPA et d’autres organisations criminelles internationales, dont celles d’Europe de l’Est, les grands réseaux de trafiquants de stupéfiants, de traite des personnes ou de cellules terroristes.
L’EFCC a déposé plus de 300 accusations dans des affaires d’escroqueries sur les DPA devant plusieurs hauts tribunaux nigérians; toutefois, aucune de ces affaires ne concernait d’actes de violence. En outre, aucun de ces fraudeurs n’a manifesté la volonté délibérée de s’allier à une organisation criminelle étrangère précise. Leurs activités se font de manière fluide, anonyme et au fi des frontières. Dans certains cas, les escrocs nigérians ont obtenu des données de cartes de crédit depuis des sites de pirates vietnamiens ainsi que d’autres sites en Roumanie, en Russie et aux États-Unis.
À la lumière des renseignements dont on dispose et des tendances et de l’expérience récentes, on peut hasarder quelques hypothèses sur l’évolution future des escroqueries sur les DPA :
Les fraudeurs sur les DPA sont des adversaires rusés et pleins de ressources qui auront peu de difficulté à évoluer et à élaborer des contre-mesures pour déjouer les initiatives de répression. Cela dit, nous estimons qu’une synergie dynamique entre les organismes d’application de la loi et l’industrie – en particulier les fournisseurs de services postaux, bancaires, de messagerie, de virement de fonds, de télécommunications et d’Internet – est essentielle à l’élaboration et à la mise en oeuvre de mesures stratégiques pour réprimer les fraudes sur les DPA, car mieux vaut prévenir que guérir.