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Les produits contrefaits ont pour effet non seulement d’enrichir les organisations criminelles mais également de miner la crédibilité des fabricants de bonne foi, car les consommateurs croient qu’ils ont été dupés. Depuis longtemps victimes de la contrefaçon, les fabricants de vin ripostent maintenant grâce à un nouveau processus d’authentification de pointe créé par la société suisse Algoril. Olivier Gudet, directeur des ventes d’Algoril, explique comment le processus cible les faussaires à la base.
Par Olivier Gudet
Directeur des ventes, Algoril
La mondialisation des échanges commerciaux a de quoi réjouir les faussaires. À mesure que les fabricants étendent leurs marchés géographiques, plusieurs produits se retrouvent entre les mains de groupes « spécialisés » dans la création de contrefaçons. Les fabricants doivent donc trouver des moyens simples et efficaces de décourager les faussaires et de détecter tôt les contrefaçons.
Dans l’industrie du vin, notamment, plusieurs solutions reposent sur des techniques invisibles, p. ex. utiliser des encres ou des papiers spéciaux, à l’instar des billets de banque. Devenues désuètes, ces techniques coûtent cher et sont difficiles à utiliser car elles nécessitent des scanneurs ou des détecteurs spéciaux. Ces solutions cachées ne rassurent pas les consommateurs qui, souvent, ignorent même leur existence.
La solution qu’offre la société Algoril à l’industrie du vin pour lutter contre la contrefaçon est simple et efficace : un code unique est attribué à chaque bouteille de vin produite, qui devient essentiellement l’empreinte digitale du produit.
Chaque code d’identification Algoril est créé en combinant l’information sur les caractéristiques d’un vin (producteur, appellation, millésime et numéro de série) à un algorithme de chiffrement. En général, le code est imprimé de façon manuelle sur la contre-étiquette de la bouteille et l’information sur le produit est conservée dans une base de données à haute sécurité de la société Algoril. Il est possible d’inscrire un deuxième code sur une matrice qui peut être lu à l’aide d’un scanneur ou d’une caméra de téléphone cellulaire.
Les consommateurs peuvent ensuite vérifier l’authenticité d’un produit en envoyant une demande par le biais du site Web de la société Algoril ou d’un service de messagerie textuelle. L’information dans la base de données d’Algoril est comparée à celle qui est inscrite sur le produit, telle qu’elle a été envoyée par le consommateur. Cette contre-vérification permet de détecter plusieurs types de fraude, comme les marchés parallèles ou la contrefaçon.
Pour les producteurs, la technique de codage ne nuit pas à leurs activités car les étiquettes codées sont livrées prêtes à être utilisées. Le coût est minime en raison des dispositifs d’impression pouvant produire différents types d’étiquettes sans nuire à la qualité ou au résultat d’impression.
De plus, les consommateurs peuvent en tout temps avoir accès à l’information sur les produits, ce qui est très avantageux, tandis que les mesures anticontrefaçon actuelles exigent d’attendre que le producteur ou un dispositif spécialisé confirme qu’il y a fraude.
Vous saurez que votre bouteille est une contrefaçon si après avoir envoyé une demande de vérification à la société Algoril, vous apprenez que le code n’est pas ou ne correspond pas à l’information enregistrée dans sa base de données.
Un autre signe qui ne ment pas : si plusieurs demandes de vérification portent sur la même bouteille; en général, ceci signifie qu’un faussaire a « cloné » un ou plusieurs codes. Dans ces cas, les données de traçabilité fournies par le fabricant pour chaque lot de bouteilles commercialisé peuvent permettre de savoir exactement où la bouteille originale a été achetée. Ces données comprennent l’information sur la production du vin et des détails sur l’expédition, comme le pays de destination, l’importateur, l’exportateur et le détaillant.
En vérifiant les données de traçabilité en fonction de l’information contenue dans la demande de vérification originale, on peut aussi détecter des marchés parallèles et déterminer si un lot donné a été détourné de sa destination originale. Si l’information diffère, le système produit une alarme de détection de fraude et envoie un courriel au producteur. Celui-ci doit alors contrôler chaque maillon dans la chaîne de distribution pour déterminer qui a détourné le lot.
Le succès des techniques d’Algoril dépendra de la mesure où les consommateurs sont incités à utiliser les codes pour obtenir de l’information. Au départ, un consommateur dans un point de vente au détail de vin peut s’assurer de l’authenticité d’une bouteille avant de l’acheter. Vérifier un code permet aussi aux consommateurs d’obtenir d’autres renseignements utiles sur la bouteille de vin, p. ex. température idéale de service, mets à consommer avec ce type de vin.
Ces demandes du consommateur donnent en quelque sorte des « pistes » au système. Pas besoin d’outils de détection spécialisés et coûteux, car la fraude est détectée directement ou indirectement par le biais des actions des consommateurs.
L’étendue de l’information fournie dépend de l’auteur de la demande, étant donné que les acheteurs finals et les responsables de l’industrie n’ont pas besoin des mêmes détails. Par exemple, le consommateur a besoin de connaître la « valeur » du produit, tandis que les autorités sanitaires s’intéresseront plutôt à la composition du vin et aux dates de consommation. Chaque requérant, s’il est identifié, recevra l’information formatée en fonction de ses besoins.
La grande attention que portent les médias aux opérations de contrefaçon est attribuable aux lots contrefaits de vins réputés vendus aux enchères. Malheu-
reusement, il n’y a rien à faire lorsque les bouteilles sont déjà en circulation et n’ont pas de code d’identification. Pour vérifier l’authenticité de ces vins, on doit ouvrir les bouteilles, goûter ou tester le vin, ce qui cause des problèmes, car ceci a pour effet d’altérer le vin de façon permanente. Même en testant juste une bouteille dans un lot, rien ne garantit que les autres bouteilles soient authentiques.
Les scellés qu’on peut mettre sur le goulot des bouteilles pour éviter qu’elles ne soient altérées ne sont pas une solution idéale non plus. Des faussaires ont déjà fait un trou sous une bouteille, qu’ils ont vidée et remplie d’un autre vin en bouchant le trou avec de la colle acrylique. À l’oeil nu, rien n’indiquait que la bouteille avait été altérée. Même si elle avait été scellée, le sceau serait resté intact.
Aujourd’hui, le seul moyen de dissuasion efficace est d’assurer un contrôle strict de la traçabilité, et ce, du début à la fin. Lorsqu’une fraude est détectée, nous faisons enquête pour déterminer à quelle étape précise de la chaîne logistique l’activité illicite a eu lieu.
Les producteurs doivent agir à la source. Les consommateurs doivent ensuite être encouragés à tirer profit des mesures qui leur sont offertes pour mettre fin à la contrefaçon.