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Banque nationale de données génétiques > Foire aux questions
- Quels sont les protocoles en place à la BNDG pour garantir le
respect de la vie privée en ce qui concerne les échantillons d'ADN
provenant de contrevenants condamnés?
R: La Banque de données génétiques (BNDG) est un outil d'enquête
destiné aux organismes d'application de la loi. L'accès aux
renseignements sur le typage génétique qu'elle contient est
strictement contrôlé et réservé à des fins d'application de la loi. La
BNDG conserve des renseignements provenant de lieux de
crimes et de contrevenants condamnés suivant un processus qui
garantit une totale confidentialité des enseignements sur l'identité
des personnes en cause; même le personnel de la BNDG ignore
l'identité des personnes auxquelles correspondent les profils
génétiques qui figurent dans la Banque. Dans le cas des
contrevenants condamnés, on ne peut établir de profil génétique
qu'à partir d'un échantillon d'ADN prélevé en vertu du Code criminel; l'établissement du profil génétique à la BNDG se fait alors
sans que l'identité du donneur soit connue au moment de
l'analyse, puis de la consignation (1). Le profil est identifié par une
série de chiffres semblable aux codes à barres que l'on retrouve
sur l'emballage de produits de consommation.
Conformément à la Loi sur l'identification par les empreintes génétiques, la BNDG reçoit des données et des échantillons
génétiques de deux façons. C'est pourquoi elle se compose de
deux fichiers : le Fichier de criminalistique et le Fichier des
condamnés. Le premier contient les profils génétiques établis par
des laboratoires judiciaires locaux après analyse des éléments de
preuve recueillis par des enquêteurs sur les lieux de crimes. La
BNDG reçoit les données du profil et son numéro d'identification
unique (NIU). La BNDG ne possède aucune information sur les
détails de l'infraction ni le lieu où elle a été perpétrée.
En ce qui concerne le Fichier des condamnés, les échantillons de
substances corporelles prélevés en vertu des articles 487.051,
487.052, 487.055 et 487.091 du Code criminel sont envoyés
directement à la BNDG à Ottawa (2). Avant d'accepter un
échantillon, les réceptionnistes des échantillons d'ADN de la
BNDG vérifient la conformité du prélèvement avec les exigences
du Règlement sur l'identification par les empreintes génétiques.
En effet, pour qu'un échantillon puisse être déposé dans la BNDG,
il doit être contenu dans un porte-échantillon acceptable,
accompagné d'une autorisation/ordonnance judiciaire et des
formulaires d'identification requis, et placé sur la carte de
prélèvement spécialement conçue à cet effet.
On attribue ensuite aux échantillons acceptés un numéro de
référence interne aux fins d'inventaire et de suivi chronologique.
Toutes les données de référence associées à l'échantillon portent
le numéro d'identification unique (NIU) apposé sur la trousse lors
de sa fabrication. Ce NIU sert à des fins d'identification et de suivi.
Après vérification de la trousse de prélèvement, tous les
renseignements personnels ainsi que le numéro d'identification de
la BNDG sont transmis aux Services d'information et d'identité
judiciaire de la GRC (3).
La BNDG ne conserve aucun renseignement personnel sur
l'identité du donneur ni de détail spécifique provenant du dossier
de cas. C'est pourquoi aucun employé de la BNDG ne peut
identifier la personne auquel correspond un profil génétique.
- La trousse contiendra-t-elle des exemplaires supplémentaires du
formulaire 3801 (identification dactyloscopique)?
R: Non. Si les empreintes dactyloscopiques sont de mauvaises
qualités, une copie du formulaire 3801 peut être imprimée
directement à partir du site Web. Ce formulaire est disponible en
format pdf dans la section « Formation » du site Web sous
« Formulaire dactyloscopique (3801) ».
Puisqu‘il n’y aura pas de code à barres sur la version imprimée du
formulaire 3801, joigniez-y une petite note avisant les techniciens
à la réception des trousses de la BNDG qu’un code à barres devra
être créé pour ce formulaire. Après avoir vérifié que les
empreintes des index de la carte d’échantillon correspondent bien
aux empreintes sur le formulaire 3801, un code à barres sera créé
qui correspondra à celui sur la carte d’échantillon.
Une nouvelle trousse ne doit jamais être ouverte pour obtenir un
autre formulaire 3801 afin d‘éviter de mélanger les codes à barres.
- Peut-on prendre des empreintes digitales au verso du formulaire
3801 (identification dactyloscopique)?
R: Non. La trousse sera rejetée par la Banque nationale de données
génétiques.
- Si les empreintes prises sur les formules 3800 ou 3801 sont
brouillées, peut-on se servir d'étiquettes de retouche (re-tabs) pour
recommencer?
R: Non. Il ne faut pas altérer les documents destinés à la Banque
nationale de données génétiques.
- S'il y a du sang dans un échantillon buccal, sera-t-il rejeté?R: Non. L'échantillon sera accepté puisque le sang et le buccal
auront le même profil génétique s'ils proviennent du même
individu.
- Si la personne prend des médicaments, cela affectera-t-il son
profil génétique?R: Non.
- a) Un policier peut-il vérifier si le profil d'un contrevenant existe
déjà dans la BNDG avant d'effectuer un prélèvement sur
ordonnance du tribunal?
b) Une fois qu'un échantillon a été prélevé d'un contrevenant aux
fins de la Loi sur l'identification par les empreintes génétiques, et
que le profil est dans la BNDG doit-on en prélever un autre s'il est
condamné à nouveau?
R: a) Oui, et c'est la première chose qu'il devrait faire avant
d'effectuer un prélèvement d'échantillon. Il suffit pour cela de
consulter le fichier judiciaire nominatif (FJN) du Centre
d'information de la police canadienne (CIPC).
En effet, une fois le profil génétique d'un contrevenant établi, une "
mention " (indiquant " Banque de données sur les contrevenants
connus " ) est ajoutée à son dossier dans le CIPC pour indiquer
que le Fichier des condamnés contient un profil génétique valide
et fiable le concernant. Soulignons que cette " mention " ne fait
qu'indiquer s'il existe un échantillon dans la BNDG, sans autre
renseignement génétique ou autre information de la base de
données. Elle ne constitue qu'un moyen rapide de savoir si un
profil existe déjà de manière à ce que les policiers ou les
procureurs de la Couronne puissent, conformément à l'article
487.053 du Code criminel, en informer le tribunal.
b) Non.
- Qu'arrivera-t-il si un appel est déposé contre une condamnation,
mais qu'il faut attendre un ou deux ans avant qu'il ne soit réglé?
R: L'échantillon biologique sera prélevé et si l'appel est accueilli, la
Banque nationale de données génétiques détruira l'échantillon et
toute la documentation relative à l'individu en question.
- Qui est responsable de procéder aux prélèvements rétroactifs?
R: Ce sera à chaque service de police d'en décider pour son secteur
de compétence.
- Si un contrevenant a reçu une transfusion ou subi une
transplantation de la moelle osseuse, de quelle façon cela
affectera-t-il l’échantillon sanguin et son profil génétique?
R: Lorsqu'une personne reçoit une transfusion, cela peut prendre
quelques semaines avant que son système remplace toutes les
cellules transfusées. Pendant ce temps, il peut y avoir dans son
sang un mélange de ses propres cellules et de celles du donneur.
Pour s'assurer que l'échantillon ne contient plus aucune cellule du
donneur, il faut attendre un mois après la transfusion avant de
prélever du sang. Une autre option serait de prélever un
échantillon buccal du contrevenant.
Dans le cas d'une transplantation de la moelle osseuse, il peut
aussi y avoir dans le sang du receveur un mélange de ses propres
cellules et de celles du donneur. Après une transplantation
parfaitement réussie, le receveur est du même groupe sanguin
que le donneur. Dans ces rares cas, on recommande de prélever
un échantillon buccal.
- Devrait-on filmer chaque processus de prélèvement sur bandevidéo?
R: Contrairement aux échantillons prélevés en vertu d'un mandat, la
Banque nationale de données génétiques n'exige pas que les
prélèvements soient filmés. Si certains policiers filment le
processus tandis que d'autres ne le font pas, un précédent
déroutant pourrait survenir, ce qui mènerait à de l'incertitude à la
cour.
- Le gaz poivré peut-il affecter le papier FTA ou la carte de
prélèvement?
R: S'il a fallu utiliser le gaz poivré pour maîtriser le contrevenant et
qu'il en est tombé sur la carte FTA, cela N'affectera PAS la qualité
du papier tant et aussi longtemps que le gaz poivré n'a pas été
vaporisé directement sur la carte.
- Y a-t-il un risque que du matériel génétique se trouvant sur la face
intérieure du rabat protecteur de la carte de prélèvement se
transfère sur le papier FTA de la carte?
R: Si on ne replie pas le rabat complètement à l'arrière de la carte et
si on place toujours une barrière (p. ex. essuie-tout) entre la carte
et la table, on devrait éviter toute contamination de l'échantillon.
- Si une personne boit du café (ou du jus, de la boisson gazeuse,
etc.) avant de fournir un échantillon buccal, cela affectera-t-il
l'échantillon et le profil génétique qui en résultera ?
R: Non, tant et aussi longtemps que la personne a eu quelques
minutes pour avaler le liquide, il n’y a aucun problème.
- S'il reste un peu d'encre après la prise d'empreintes digitales, cela
affectera-t-il l'échantillon de sang?
R: Non. La personne doit se laver les mains après la prise
d'empreintes digitales et on doit nettoyer le doigt utilisé pour le
prélèvement sanguin avec un tampon d'alcool avant de le piquer.
Ainsi, même s'il reste un peu d'encre sur le doigt, cela n'affectera
PAS l'échantillon.
- Fournira-t-on un modèle d'affidavit (motifs raisonnables) à utiliser
pour demander un mandat après qu'une correspondance a été
établie entre un profil génétique enregistré dans le fichier de
criminalistique et celui d'un contrevenant? (p. ex. modèle
semblable à celui dont on dispose déjà pour les mandats
d'alcootest.) S'agit-il du seul motif nécessaire pour obtenir un
second mandat pour vérifier la correspondance?
R: Nous sommes d'avis que des précédents apparaîtront au fur et à
mesure qu'on obtiendra des correspondances entre le fichier de
criminalistique et le fichier des condamnés, mais nous ne croyons
pas qu'il soit prudent à ce stade d'élaborer un affidavit type. On
précise à l'article 487.05 du Code criminel l'information devant être
fournie en vue d'obtenir un mandat relatif aux analyses
génétiques. Les avocats de la Couronne ont déjà rédigé des
demandes qui ont été utilisées avec succès dans leurs secteurs
de compétence pour obtenir des mandats. L'une des stratégies
clés de la défense est de contester le fondement de l'affidavit à
l'appui d'une demande de mandat. Comme les empreintes
génétiques sont des éléments de preuves scientifiques
difficilement réfutables, il est certain qu'on s'attaquera à la loi de
même qu'aux fondements de cet affidavit. Le paragraphe
487.05(1) établit les quatre éléments dont doit être convaincu le
juge provincial selon des motifs raisonnables. Une
correspondance entre des profils enregistrés dans la Banque de
données pourra uniquement servir à appuyer l'alinéa 487.05(1)c),
à savoir « que la personne a participé à l'infraction ». Il faudra que
le reste de l'affidavit soit adapté à l'affaire et présente notamment
d'autres éléments de preuve qui lient la personne à l'infraction.
Compte tenu de la gravité des infractions où un mandat relatif aux
analyses génétiques sera demandé, on recommande que les
policiers s'adressent à l'avocat de la Couronne, qui pourra leur
indiquer ce que doit contenir le mandat en fonction de la loi en
vigueur, chaque fois qu'ils disposent d'éléments de preuves
suffisants pour demander un tel mandat.
- Le personnel de la Banque de données sera-t-il appelé à
témoigner devant le tribunal?
R: Tout est possible, cependant ce serait peu probable. La Banque
nationale de données génétiques est un outil d'enquête et non la
source principale pour des preuves dans une enquête policière.
Toutes les correspondances faites par la Banque nationale de
données génétiques et le fichier de criminalistique sont vérifiées
lorsqu'un deuxième échantillon est prélevé par mandat, et cette
preuve est utilisée spécifiquement pour la cour. Le profil génétique
du contrevenant qui est développé par la Banque de données ne
peut pas être utilisé par la poursuite, donc le personnel de la
Banque de données ne devrait pas être appelé à témoigner pour
cette raison (voir article 487.08). On s'attend à ce que la défense
soit prudente concernant l'utilisation de preuves qui confirment la
correspondance entre le mandat et les lieux du crime, en appelant
le personnel de la Banque de données à témoigner.
- Un policier peut-il demander que le profil de l'auteur présumé
d'une infraction autre qu'une infraction désignée (infractions
primaires ou secondaires) soit comparé avec les profils contenus
dans le fichier de criminalistique?
R: Non. Aux termes du paragraphe 6(6) de la Loi sur l'identification par les empreintes génétiques, il est interdit d'utiliser ou de laisser
utiliser un profil génétique reçu pour dépôt à la Banque de
données génétiques (y compris les profils enregistrés dans le
fichier de criminalistique), sauf pour l'application de cette loi.
L'article 3 énonce l'objet de cette loi, qui consiste en
l'établissement d'une banque nationale de données génétiques
destinée à aider les organismes d'application de la loi à identifier
les auteurs présumés d'infractions désignées, y compris celles
commises avant l'entrée en vigueur de cette loi.
- Lorsqu'un contrevenant décède, son profil génétique et sa carte
de prélèvement d’échantillon sont-ils retirés de la Banque de
données et, dans l'affirmative, combien de temps après son
décès?
R: Il est important de se rappeler que le profil génétique développé
d'un contrevenant décédé peut fournir des informations
importantes au sujet de vieilles enquêtes. Si ce profil est retiré du
fichier de criminalistique, la possibilité d'une correspondance ou
même le manque de correspondance peut avoir des
conséquences sérieuses pour des affaires criminelles nonrésolues,
ou de vieilles enquêtes, lorsque de nouvelles preuves
biologiques deviennent disponibles. Ce genre d'information
pourrait lier des cas, fournir des preuves concluantes pour finaliser
un cas ou encore mener à des disculpations potentielles.
Le paragraphe 9(1) de la Loi sur l'identification par les empreintes génétiques exige que les renseignements contenus dans le fichier
des condamnés y soient conservés pour une période
indéterminée, sous réserve des dispositions de la Loi sur le casier
judiciaire et des exceptions énoncées au paragraphe 9(2) de la Loi sur l'identification par les empreintes génétiques. Aucune loi
n'exige la destruction des profils génétiques des contrevenants
décédés. Les substances corporelles obtenues de ces
contrevenants peuvent être détruites lorsque le Commissaire de la
GRC considère qu'elles ne sont plus utiles, mais les profils
génétiques sont conservés pendant une période indéterminée, à
moins qu'on ne les détruise ou les rende inaccessibles
conformément à la loi. Cependant, ils pourraient ne plus être liés à
un casier si celui-ci a été détruit par suite du décès du
contrevenant ou si un changement technologique nécessite une
nouvelle analyse des substances corporelles et que ces
substances ont été détruites. Dans ce cas, ces profils seront
entreposés avec le reste des profils superflus.
- Si un libéré conditionnel ne se présente pas après avoir reçu une
sommation et que, dans l'intervalle, sa libération conditionnelle
prend fin, peut-on tout de même obtenir un mandat d'arrestation
pour procéder au prélèvement?
R: Oui, tant et aussi longtemps que l'autorisation originale de
prélèvement d'échantillon biologique et la sommation ont été
délivrées avant l'expiration de la libération conditionnelle dans le
cas d'un prélèvement rétroactif. Dans les cas d`un deuxième
échantillonnage, l'autorisation peut être délivrée après l'expiration
de la peine; le mandat et la sommation s'appliquent aux
personnes qui ne sont pas détenues pour une raison ou pour une
autre, que la peine soit expirée ou non.
- Pour les formules (ordonnance, autorisation), qui conserve les
documents originaux? Dans le cas d'un appel, si le tribunal
conserve les originaux et qu'on en a besoin pour l'appel,
qu'arrivera-t-il? Quelle copie envoie-t-on à la BNDG avec la
trousse?
R: Lorsqu'on a discuté de la question au cours du processus
d`élaboration de la mise en oeuvre de la BNDG, il a été suggéré
que le juge signe deux originaux, et que l'un soit conservé par le
greffier du tribunal et l'autre, par la police ou par l'avocat de la
Couronne. Nous ignorons si on a donné suite à cette suggestion
et si les formules voulues seront imprimées et remises aux
tribunaux. Pour la trousse, une photocopie convient. Si on doit
faire avaliser l'ordonnance ou l'autorisation dans une autre
province, une télécopie de l'ordonnance ou de l'autorisation
convient aussi. Pour les besoins de la police, une copie de
l'ordonnance devrait suffire si le tribunal délivre un seul original.
Idéalement, deux originaux devraient être délivrés.
- Est-il possible qu'au cours des cinq à dix prochaines années, on
apporte des modifications à la Loi pour permettre le prélèvement
d'ADN au moment d'une arrestation?
R: Dans les cinq ans suivant l'entrée en vigueur de la Loi, on en fera
l'examen (article 13) et il est possible qu'à ce moment-là, on
reconsidère le prélèvement au moment de l'arrestation si la
collectivité policière soulève la question.
- Pour un mandat délivré pour vérifier une correspondance entre le
fichier de criminalistique et le fichier des condamnés, utilise-t-on la
formule 5.02?
R: Oui, c'est la formule 5.02.
- Pendant combien de temps peut-on détenir un contrevenant qui
refuse de donner un échantillon de sang aux fins d'exécution
d'une ordonnance ou d'une autorisation de prélèvement
biologique? Peut-on déposer contre lui une accusation d'entrave
aux termes de l'article 129 du Code criminel?
R: La question n'est pas de savoir pendant combien de temps on
peut le détenir, mais plutôt combien de temps doit-on attendre
avant d'employer la force nécessaire pour obtenir l'échantillon. Par
exemple, pourrait entrer en jeu ici le temps que met le
contrevenant pour obtenir un avis juridique concernant la mise en
garde faite en vertu de la Charte. On peut songer à déposer
contre un contrevenant récalcitrant des accusations d'entrave, ou
même de voies de fait, si les circonstances le justifient.
- À qui incombe-t-il d'informer la Banque de données lorsqu'un
contrevenant obtient gain de cause en appel? Ceci est nécessaire
afin que le profil génétique soit retiré de la Banque de données et
que la documentation pertinente soit détruite.
R: La question reste sans réponse pour l'instant. Dans notre
processus d`élaboration de la mise en oeuvre de la BNDG, le
service de police qui a soumis l'échantillon informe la Banque de
données génétiques lorsqu'un appel est accueilli et que la
Couronne ne forme aucun autre appel. L'idéal serait que les
Archives criminelles soient informées systématiquement du
changement apporté au casier judiciaire en rapport avec
l'ordonnance d'analyse génétique et qu'elles se chargent de retirer
le profil génétique du contrevenant de la Banque de données
génétiques si la condamnation résultant de cette analyse est
annulée. Cela pourrait être impossible à mettre en oeuvre pour les
condamnations originales résultant d'une analyse génétique.
Lorsqu'un appel est accueilli contre une autorisation ou une
ordonnance de prélèvement biologique, il reviendra au service de
police compétent de communiquer l'issue de l'appel à la Banque
de données génétiques. Chaque province devra songer à confier à la police la notification des instances voulues et à faire de
l'exécution des ordonnances et des autorisations de prélèvement
biologique une responsabilité policière. L'Ontario a fait savoir
qu'elle se contentera de surveiller la situation et qu'elle s'en
remettra aux services de police en ce qui concerne l'application de
la loi. Les laboratoires devront aussi informer la Banque de
données génétiques lorsque celle-ci doit supprimer du fichier de
criminalistique les profils génétiques de victimes ou de suspects
exclus.
- Comment la Banque nationale de données génétiques
contribuera-t-elle à un environnement plus sécuritaire pour tous
les Canadiens ?
R: La Banque nationale de données génétiques contribuera à la
protection des Canadiens en mettant à la disposition des corps de
police partout au pays un précieux instrument d'enquête qui leur
permettra d'identifier et de poursuivre les criminels violents et les
délinquants sexuels qui récidivent.
La Banque de données génétiques aidera aussi les organismes
d'application de la loi à identifier les suspects dans les cas où il
n'existe aucune piste. La BNDG aidera aussi à établir des liens et à régler des cas intéressant diverses administrations en mettant à
la disposition des enquêteurs des renseignements qui ne leur
auraient pas été accessibles autrement, et à mieux cibler les
enquêtes en éliminant les suspects dont le profil génétique
enregistré dans la banque ne concorde pas avec les profils
génétiques de substances corporelles génétiques trouvées sur le
lieu d'un crime. La banque de données contribuera également à
disculper innocenter les suspects innocents.
- Comment l'information figurant dans la Banque de données
génétiques sera-t-elle utilisée?
R: L'information figurant dans la Banque de données génétiques
servira à des fins de comparaison. La Banque de données aura
deux composantes principales :
- Le fichier des condamnés, qui contiendra les profils
d'identification génétique des criminels condamnés pour
des infractions désignées;
- Le fichier criminalistique, qui contiendra les profils
génétiques obtenus à partir de preuves laissées sur les
lieux d'un crime. Chaque fois que de nouveaux
renseignements seront intégrés à la base de données, on
comparera le nouveau profil et les profils d'identification
génétique figurant dans le fichier criminalistique et le
fichier des condamnés.
Si on établi une correspondance, les enquêteurs seront avisés. À
partir de ces renseignements, la police pourra demander un
mandat relatif aux analyses génétiques (voir art. 487.05 du Code criminel) afin d'obtenir un échantillon additionnel lui permettant de
le comparer avec le profil génétique initial. Seuls les
renseignements génétiques obtenus à partir du nouvel échantillon
pourront être utilisés à titre de preuve devant le tribunal.
- Est-ce que les contrevenants condamnés qui purgent déjà une
peine peuvent être obligés de fournir un échantillon biologique aux
fins de dépôt dans la banque de données?
R: Dans certains cas, oui. Les contrevenants condamnés qui
répondent aux critères suivants peuvent devoir fournir un échantillon biologique en vue du dépôt dans la Banque nationale
de données génétiques. Des échantillons biologiques (rétroactifs)
peuvent être prélevés auprès de contrevenants condamnés qui,
depuis la date de l'adoption, ont été soit:
- déclarés délinquants dangereux ; ou
- condamnés pour plus d'un meurtre commis à différents
moments; ou
- condamnés pour plus d'une agression sexuelle et qui
purgent actuellement une peine de deux ans ou plus pour
l'une de ces infractions.
- Est-ce que les criminels qui sont accusés avant l'adoption de la loi,
mais condamnés après l'adoption, sont tenus de fournir des
échantillons biologiques pour fins de dépôt dans la banque de
données?
R: Dans certains cas, oui. Des échantillons biologiques rétrospectifs
peuvent être recueillis auprès de contrevenants condamnés qui
ont été accusés d'infractions désignées primaires ou secondaires
avant l'adoption, mais qui ont été condamnés ou qui ont vu leur
peine déterminée après l'adoption. Dans tous les cas de
prélèvements rétrospectifs, la Couronne doit décider si l'infraction
justifie l'établissement d'une requête de prélèvement d'échantillon
biologiques. Avant de procéder à l'ordonnance, le tribunal doit être
convaincu qu'une ordonnance à cet effet est dans les meilleurs
intérêts de l'administration de la justice.
- Pourquoi le gouvernement limite-t-il la gamme d'infractions pour
lesquelles on peut conserver des renseignements sur les échantillons biologiques?
R: Au moment de l'élaboration de la loi, nos consultations à l'échelle
nationale ont révélé un large éventail d'opinions sur la gamme des
infractions qui devraient être incluses. Nous avons dû considérer
et évaluer les éléments tels que la nature de l'infraction, la
pertinence de la résolution de certains crimes, la protection de la
vie privée et des droits de la personne, de même que le coût des
analyses en laboratoire et de l'entretien de la Banque de données.
- Pourquoi ne pas recueillir des échantillons biologiques au moment
de l'arrestation plutôt qu'au moment de la condamnation?
R: Selon les conseillers juridiques, prélever des échantillons au
moment de l'arrestation soulève de sérieuses préoccupations sur
le plan constitutionnel. De plus, le mécanisme actuel de
prélèvements à partir d’un mandat (selon l’article 487.05 du Code criminel) permet à la police d'obtenir des échantillons biologiques
de suspects durant une enquête criminelle soit avant, après ou au
moment même de l'arrestation.
La loi sera révisée après cinq ans, et on réexaminera peut-être
alors le prélèvement d`échantillon biologique au moment de
l'arrestation.
(1)La carte originale contenant l'échantillon biologique est conservée
dans l'éventualité où des progrès technologiques permettraient de
dresser un nouveau profil. L'échantillon lui-même est identifié à
l'aide d'un numéro de référence de la BNDG plutôt que par des
renseignements sur le donneur.
(2) Une trousse de prélèvement homologuée par la BNDG est
fournie afin d'assurer la préservation des substances corporelles
prélevées (sang, cheveux, écouvillon buccal - voir le paragraphe
487.056 (1) du C. cr.). Une fois prélevées, les substances
corporelles sont transmises à la BNDG accompagnées d'un
formulaire contenant le nom et les empreintes digitales du
contrevenant et d'une copie de l'ordonnance du tribunal autorisant
le prélèvement et énonçant l'infraction désignée pour laquelle
celui-ci a été condamné.
(3) L'échantillon original, contenant le numéro d'identification et les
empreintes du donneur, est conservé en lieu sûr. Le seul lien qui
subsiste est le numéro d'identification unique. Les empreintes qui
figurent sur la carte ne servent qu'à confirmer l'identité du donneur
original au moment de la réception de la trousse de prélèvement.
L'échantillon ne peut être utilisé pour aucun autre cas médicolégal.