Ce projet a été entrepris afin d’explorer l’enjeu et fournir de l’information sur le sujet. L’opinion exprimée est celle de l’auteur et ne reflète pas nécessairement celle de la Gendarmerie royale du Canada ou du gouvernement du Canada.
Sommaire exécutif
Le terme « corruption » évoque bon nombre d’images et de stéréotypes, peu importe le contexte dans lequel on l’utilise. Dans les médias, on parle couramment de corruption dans les affaires, dans certaines professions, dans la politique et dans de nombreux autres domaines de la vie sociale. Chacune de ces évocations contribue à forger l’image que les citoyens ordinaires ont des personnes et des organisations dont on parle dans les récits et les reportages et peut contribuer à changer les perceptions.
Cependant, dans la plupart des sociétés occidentales et industrielles, on accorde souvent une importance et une attention particulières aux reportages sur la corruption dans les services de police ou chez les agents de police. Un certain nombre de raisons expliquent ce fait. La police, qui a le mandat de servir la société, et cette société lui confie également des pouvoirs qui ne sont pas accordés à d’autres, tels que le pouvoir d’arrêter et de détenir des citoyens ordinaires. Les agents de police sont les seuls dans la société à pouvoir recourir à la force meurtrière dans l’exercice de leurs fonctions. Étant donné leur rôle, leurs responsabilités et leurs pouvoirs, les signalements de cas de corruption dans les services de police, souvent étroitement liés à l’abus de pouvoir et de privilège, sont particulièrement troublants pour de nombreuses personnes. La police doit rendre des comptes à la société sur ses actions, et les signalements de cas de corruption soulèvent de sérieuses questions sur ce lien et sa surveillance. Les citoyens et les collectivités se posent souvent des questions telles que « Pouvons-nous faire confiance à la police? », « Cet incident ne constitue-t-il que la pointe de l’iceberg? », « Y a-t-il d’autres cas de corruption policière dont on n’entend pas parler? », « Que fait-on pour y remédier? », « Quels sont les liens entre la police, la politique et les groupes du crime organisé? ».
La corruption policière découle du manque d’intégrité policière. Cette corruption constitue également l’un des obstacles les plus importants aux relations positives entre le public et la police dans la société d’aujourd’hui (Grant, 2002, p. 12).
Dans le présent document, on examine la documentation relative à la corruption policière de manière à atteindre quatre objectifs. Premièrement, nous voulons étudier et décrire les facteurs à l’origine de la corruption dans les services de police et ceux qui y contribuent. Deuxièmement, nous examinerons sur plusieurs plans les conséquences liées à une telle corruption, soit sur les plans individuel, organisationnel, communautaire et social. Troisièmement, nous tenterons de présenter une vue d’ensemble de ce qui peut ou doit être fait afin de prévenir ou réduire la corruption dans les services de police. Quatrièmement, nous examinerons les conséquences de l’inaction devant le problème de la corruption. Enfin, nous formulons un certain nombre de recommandations quant à une future prise de mesures.
Voir : Collège canadien de police