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Un membre de la GRC en uniforme et une autre revêtue de la tunique rouge aident un jeune à revêtir un chandail de hockey.

Un don d’équipement de hockey égaye une communauté isolée du Québec

Des membres de la GRC participent à la livraison d'équipement de hockey à Pakua Shipi (Qc) et montrent aux jeunes de la communauté les différentes pièces d'équipement. Crédit : GRC

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Le gend. Normand Thirnish Pilot de la GRC souhaitait remonter le moral des jeunes à Pakua Shipi (Québec). Ayant grandi dans la région, il savait que la nouvelle d'une jeune adolescente qui s'était enlevé la vie bouleversait toute la communauté.

« Je désirais égayer la communauté, que ce suicide continue de troubler encore aujourd'hui, explique le gend. Thirnish Pilot. Il a touché bien des gens et il m'atteint profondément aussi. Je voulais simplement apporter quelque chose de positif et de joyeux pour les jeunes à Pakua Shipi. »

Pakua Shipi, située à environ 1 300 km au nord est de Montréal, est une communauté innue d'approximativement 300 habitants à l'embouchure de la rivière Saint Augustin près du golfe Saint Laurent. On n'y accède que par avion ou par bateau et le vol depuis Sept Îles prend un peu plus d'une heure.

Le gend. Thirnish Pilot, qui travaille au Détachement de la Côte-Nord de la GRC à Sept Îles, est conscient des répercussions qu'un suicide peut avoir sur une communauté. Alors qu'il était enfant à Uashat Mak Mani Utenam, une communauté autochtone près de Sept Îles, sa grand mère lui a expliqué la réalité du suicide après qu'il lui ait demandé pourquoi il ne voyait plus certaines personnes, notamment son oncle, dans la réserve.

« Ce n'était pas rare durant mon enfance; lorsque je suis devenu policier dans ma réserve, c'était aussi très fréquent », précise le gend. Thirnish Pilot, qui était policier au sein de la Sécurité publique de Uashat mak Mani Utenam avant de devenir membre de la GRC il y a sept ans.

Relations dans la localité

Le gend. Thirnish Pilot a collaboré avec des résidents de Pakua Shipi et d'Uashat mak Mani Utenam pour mettre sur pied le Comité des sports innu Ausasset afin de promouvoir des activités pour les jeunes des deux communautés. L'an dernier, le comité a obtenu un don d'équipement de hockey à l'intention des adolescents de Pakua Shipi.

« Je voulais travailler avec des gens qui connaissent bien les jeunes. Pakua Shipi est loin d'ici, et il m'importait de nouer des liens avec des gens au courant des besoins des enfants », explique le gendarme.

Alors qu'il travaillait à Valleyfield (Qc), le gendarme a eu connaissance du fond Goals and Dreams, une initiative de l'Association des joueurs de la Ligue nationale de hockey qui vise à favoriser la mise en œuvre de programmes de hockey un peu partout dans le monde. Connaissant la popularité de ce sport à Pakua Shipi, il savait que le programme était parfait pour la communauté.

« Dans certaines réserves, le hockey est une véritable religion. Les jeunes adorent le pratiquer et les réserves comptent de très bons joueurs », ajoute le gend. Thirnish Pilot.

Le comité a fait une demande au printemps; l'équipement allait être livré plus tard dans l'année.

Le moment de la livraison

En novembre 2021, 25 ensembles d'équipement pour les joueurs et 2 ensembles de gardien de but ont été livrés dans la communauté. Le gend. Thirnish Pilot et la gend. Julie Duhamel ont aidé les jeunes à se familiariser avec leur nouvel équipement.

En outre, des aînés, des instituteurs, des employés de l'école et des parents étaient présents pour une cérémonie spéciale où l'on a observé un instant de silence à la mémoire de la jeune disparue.

La gend. Duhamel, qui travaille également au Détachement de la Côte Nord et qui a joué au hockey durant sa jeunesse, a raconté différentes anecdotes au sujet de ce sport aux jeunes filles de la communauté.

« C'était un moment de réjouissances, mais aussi de sentiments partagés », souligne la gend. Duhamel.

Pour le gend. Thirnish Pilot, de voir les visages des jeunes s'éclairer l'a beaucoup touché.

« Arrivé sur les lieux, je n'ai pu m'empêcher de voir les beaux grands yeux pleins de vie des jeunes. Tout ce que je souhaite, c'est qu'ils conservent cette étincelle dans leu regard pour le reste de leur vie », confie le gend. Thirnish Pilot.

L'événement était aussi l'occasion pour le gendarme de parler aux jeunes dans la langue innu aimun.

« J'aime que les jeunes innus m'entendent parler en innu avec eux, explique t il. Je pense que c'est bon pour eux d'entendre leur langue dans la bouche d'un membre en uniforme de la GRC. »

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