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Un petit immeuble résidentiel placardé de contreplaqué et dont les balcons sont recouverts de glaçons.

L’intervention intrépide d’agents de la GRC dans un incendie permet de sauver des vies

Des agents de la GRC sont les premiers intervenants arrivés sur les lieux de l'incendie. Crédit : GRC

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Lorsque la GRC en Saskatchewan a reçu un appel l'informant qu'un immeuble résidentiel était la proie des flammes par un soir glacial de janvier, les agents du Détachement local de North Battleford étaient les premiers dépêchés sur les lieux. À son arrivée, la gend. Heather Healey a aperçu des flammes intenses et une épaisse fumée noire s'échappant des portes de l'immeuble de trois étages. Certains locataires étaient déjà rassemblés à l'extérieur du bâtiment, mais de nombreux autres demeuraient sur leur balcon et appelaient au secours tandis que la fumée remplissait les corridors. La gend. Healey a immédiatement appelé du renfort par radio et à peine quelques minutes plus tard, d'autres agents arrivaient, prêts à intervenir.

« Lorsque je suis parvenu sur les lieux, tout était enfumé. Des gens sur leur balcon appelaient au secours tandis que d'autres couraient en tous sens à l'extérieur de l'immeuble, relate le serg. Will Picard, de la GRC. C'était le chaos total. Tout le monde appelait à l'aide. »

Un acte de foi

Tandis que le service des incendies était en route, les policiers sur place devaient trouver un moyen de secourir les locataires retenus prisonniers par les flammes. Les deux cages d'escalier de l'immeuble étaient en feu, ce qui ne laissait que les balcons comme seule issue. Certains résidents du deuxième étage sont parvenus à descendre au sol grâce à des lianes de draps noués ensemble tandis que des agents de la GRC leur attrapaient les pieds pour ralentir leur chute.

Le serg. Picard, le gend. Colton Cassaday et une poignée de résidents ayant déjà évacué l'immeuble ont joint leurs bras pour former un panier afin d'amortir la chute des membres d'une famille qui ont sauté de leur balcon du troisième étage. Les uns après les autres, ils ont gagné le sol avec seulement quelques blessures légères.

« L'incendie gagnait du terrain de leur côté et je me rappelle m'être dit : "Que personne ne meure ce soir. Tout le monde va s'en sortir." Je me suis répété ces phrases sans arrêt. "Personne ne va périr ce soir" », se rappelle le gend. Cassaday. « J'ai été témoin de nombreux brasiers, mais jamais de cette ampleur. »

Tandis que les policiers volaient au secours des résidents, l'incendie prenait de l'intensité. « En l'espace de cinq à dix minutes, tout le rez-de-chaussée était en flammes, explique le serg. Picard. J'étais surpris de la rapidité avec laquelle l'incendie se propageait. »

Braver la fumée

Lorsque les deux premiers pompiers sont arrivés, les policiers ont retiré une échelle de leur camion pour aider des résidents de l'autre côté de l'immeuble à descendre de leur balcon. En outre, un résident au sol a fait savoir que son épouse était toujours dans leur appartement au troisième étage. Le serg. Picard a grimpé pour voir ce qu'il en était.

« Au premier abord, je ne pouvais voir ni entendre quoi que ce soit, puis tout d'un coup, j'ai entendu quelqu'un cogner à la fenêtre », précise le serg. Picard. Il a enjambé le garde fou, puis a pénétré dans l'appartement pour aider la femme prise de panique à sortir sur le balcon et reprendre son souffle. C'est alors qu'un second camion d'incendie est arrivé sur les lieux; les pompiers ont aidé la femme à faire le reste du chemin.

« [Le serg. Picard] avait disparu dans la fumée, explique le gend. Cassaday. Nous tenions l'échelle qui devenait de plus en plus chaude tandis que les flammes se rapprochaient. Il ne restait plus beaucoup de temps et nous implorions notre collègue de redescendre. »

Au lendemain du drame

À l'issue de l'évacuation, 17 résidents et six intervenants ont été transportés à l'hôpital pour être évalués et traités. Si la plupart s'en sont tirés indemnes, une personne a subi des blessures qui ne mettaient pas sa vie en danger. « Les policiers en service ont été formidables, ce soir là. Chacun savait qu'il devait s'atteler à la tâche, car des vies étaient en jeu », constate le serg. Picard, qui était chef de veille le soir de l'incendie.

Le serg. Adam Buckingham de la GRC, qui a dirigé l'équipe chargée de l'enquête sur l'origine de l'incendie, signale que les agents ont amorcé leur enquête sur le champ en recueillant des déclarations des résidents. Tout au long du processus, ils ont jugé l'incendie suspect. Deux individus doivent aujourd'hui répondre à des accusations d'incendie criminel. « Par la suite, les enquêteurs n'ont pu poursuivre leurs recherches au-delà du rez de chaussée, les escaliers ayant été complètement détruits, explique le serg. Buckingham. Il était impossible d'accéder aux étages supérieurs sans risques. »

Quelques semaines après le drame, le gend. Joshua Trefry, qui avait participé aux secours le soir de l'incendie, faisait des courses lorsqu'un membre du public l'a abordé pour le remercier. L'homme a expliqué que la GRC avait secouru sa femme, qui était enceinte, et qu'il était tellement reconnaissant pour l'intervention des policiers ce soir-là.

« Il a déclaré : "Le soir de l'incendie, vous avez sauvé ma femme. Elle ne s'en serait pas tirée si vous n'étiez pas intervenus" », rapporte le gend. Trefry. « Cela m'a profondément ému, j'en avais les larmes aux yeux. »

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