Articles récentsProfil d'un détachement

Des gendarmes portant la tunique rouge installent le totem, béni au moyen du duvet d'un aigle.

Nouveau Le totem du détachement constitue un pas vers l’avant dans la réconciliation à Haida Gwaii

Le totem a été érigé lors d'une cérémonie de potlatch en septembre. Crédit : Le gendarme Bill Nadeau

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Quiconque entre dans le Détachement de Daajing Giids (Queen Charlotte) de la GRC est désormais accueilli par un totem, un panneau lui souhaitant la bienvenue dans la langue haïda et le drapeau du Conseil de la nation Haïda.

Le détachement est situé dans l'archipel Haida Gwaii en Colombie-Britannique.

Le projet, qui a pris plus de dix ans à voir le jour, a été dirigé par Bev Yovanovich, l'adjointe administrative du détachement, en poste depuis 25 ans.

« J'ai toujours été convaincue que nous devions rendre notre détachement plus représentatif de l'endroit où nous vivons », a déclaré Mme Yovanovich, qui est Haïda.

Le totem, d'une hauteur de 2,4 mètres, est l'œuvre d'un maître sculpteur local et représente un gardien haïda traditionnel qui protège la communauté, l'air, la terre et la mer. La figure, qui tient un bouclier en cuivre arborant une iconographie haïda, porte le Stetson symbolisant la GRC, plutôt que le chapeau en cèdre typique de la tradition de la côte Ouest. Ses ongles roses représentent les femmes ainsi que les membres de la communauté LGBTQ2S qui travaillent à la GRC.

« Ce petit totem est lourd de sens », a ajouté Mme Yovanovich. « C'est une fusion culturelle respectueuse de l'art haïda et de l'uniforme de la GRC. »

Le totem a été inauguré lors d'un potlatch, une cérémonie autochtone d'échange de cadeaux, qui a eu lieu au détachement le 9 septembre 2021 et à laquelle ont assisté les dirigeants de la GRC de la Colombie-Britannique, le Conseil de bande de Skidegate, le Conseil de la nation Haïda, les chefs héréditaires, les matriarches et les membres de la communauté venus de toute la côte.

Les gens ont pu profiter d'une belle journée ensoleillée et d'un agréable répit du temps pluvieux habituel du littoral Ouest.

« Une grande émotion a saisi les membres de la communauté lorsque nous avons érigé le totem et hissé le drapeau du Conseil de la nation Haïda », a expliqué le sergent Greg Willcocks, chef du commandement de la GRC à Daajing Giids (Queen Charlotte). « La communauté était prête à prendre ce pas vers la réconciliation, et c'est ce qui a notamment motivé l'incorporation du totem et du drapeau. »

La communauté mobilisée

Certaines Premières Nations de la côte Ouest se servent traditionnellement de la symbolique des totems pour marquer de grands événements, commémorer leurs ancêtres et rendre honneur aux gens et aux familles.

Les gendarmes ont communiqué avec les membres de la communauté pendant tout le déroulement du projet afin de veiller au respect des coutumes et traditions culturelles.

« N'importe qui peut acheter un totem et l'ériger, mais c'est une autre paire de manches lorsqu'on le fait conformément aux coutumes culturelles locales », a expliqué Mme Yovanovich. « Notre détachement est petit, et en temps normal, il faut mobiliser toute la communauté pour mener à bien l'inauguration d'un totem et un potlatch. »

Le gendarme Chris Carlucci de la GRC s'est procuré du duvet d'aigle pour la bénédiction du totem, ainsi que des plumes d'aigle à remettre comme cadeaux aux aînés. Il a communiqué avec le Service des agents de conservation de la Colombie-Britannique afin d'obtenir le permis nécessaire pour chasser l'oiseau, et a travaillé avec un aîné haïda pour manipuler les plumes selon la tradition, qui prévoit une offrande et une prière pour les oiseaux.

« Ce n'est pas quelque chose que l'on peut acheter en ville », a précisé le gendarme Carlucci. « J'ai dû faire appel à certains membres de la communauté qui s'y connaissaient. »

La cérémonie, longuement mûrie, a été bien accueillie par la communauté soudée, privée d'activités pendant la pandémie.

Faire partie de la communauté

Le détachement a pris d'autres mesures afin de devenir un endroit plus accueillant pour les habitants de Haida Gwaii. Un nouveau panneau accueille désormais les visiteurs dans la langue haïda et le foyer du détachement comporte des panneaux en cèdre qui ont été sculptés et peints dans le style d'une maison longue de la côte Ouest.

« Nous tentons d'atténuer l'aspect gouvernemental du bâtiment afin que les gens se sentent plus à l'aise de rentrer et de parler à la police », a indiqué le gendarme Dale Judd, qui a travaillé pendant trois ans au détachement comme agent des Services de police autochtones.

La GRC travaille également de près avec la Première Nation de Skidegate pour répondre aux priorités en matière de sécurité publique, comme le trafic de stupéfiants, et rencontre régulièrement la jeunesse locale dans les écoles et les centres communautaires, à l'occasion de discussions éducatives et de parties improvisées de basketball.

« Finalement, nous voulons nous tailler une place au sein de communauté », a expliqué le sergent Willcocks. « Nous servons la population Haïda ici et nous voulons que tous sachent que s'ils ont besoin d'aide, ou si quelque chose leur est arrivé, ils peuvent venir ici et parler avec un gendarme qui fera son possible pour les aider. »

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