Les Métis, la GRC et la réconciliation : Naviguer à travers l’histoire, tisser des liens avec les communautés et créer des espaces éthiques pour recommencer à zéro

Par Merelda Fiddler-Potter, Ph. D., octobre 2021

La recherche et la rédaction de cet exposé de position métis ont été menées par la doctorante Merelda Fiddler-Potter en octobre 2021. Elle y pose la question suivante : « La réconciliation entre le peuple métis et la GRC est-elle possible? » Dans sa réponse, elle rapproche l'histoire et les efforts actuels, tout en examinant ce qu'il faudra pour jeter les bases d'une nouvelle relation.

Ce document accompagne d'autres recherches et aidera la GRC à élaborer son plan stratégique national pour la réconciliation (attendu en 2022). Il offre aussi des éléments clés d'un point de vue métis pour guider nos approches fondées sur les distinctions alors que la GRC va de l'avant avec ses efforts de réconciliation et l'établissement de liens de confiance avec les peuples autochtones.

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Résumé

Dans le document Naviguer à travers l'histoire, tisser des liens avec les communautés et créer des espaces éthiques pour recommencer à zéro, Merelda Fiddler Potter pose la question suivante : « La réconciliation entre les Métis et la GRC est elle possible? » Présenté en octobre 2021, ce document fait le lien entre l'histoire et les efforts contemporains et examine ce qu'il faut faire pour jeter les bases d'une nouvelle relation.

Naviguer à travers l'histoire

Pour beaucoup, la publication du rapport final de la Commission de vérité et réconciliation a marqué la fin de la recherche de la vérité et le début des efforts de réconciliation. Au moment de la rédaction du présent document, 215 tombes avaient été découvertes sur le site de l'ancien pensionnat indien de Kamloops, puis 751 autres sur celui de la Première Nation de Cowessess. Ces découvertes, et les nombreuses autres qui ont suivi et suivront, nous rappellent que le processus de vérité et de réconciliation n'est pas terminé. Il en va de même pour l'histoire du peuple métis et de la Gendarmerie royale du Canada (GRC). La reconnaissance et le récit de ces vérités, ainsi que du rôle de l'ancienne Police à cheval du Nord Ouest (PCN O), confirment l'histoire et les expériences des Métis, démontrent l'engagement de la GRC à apprendre et à révéler la vérité, et contribuent à favoriser un processus de réconciliation plus sérieux encore.

Tisser des liens avec les communautés

Dans le cadre du Plan d'action national, de nombreuses recommandations ont été formulées pour améliorer et changer la façon dont des groupes comme la GRC (et le gouvernement fédéral et ses ministères et organismes) interagissent avec les Métis et leurs communautés. À ces travaux s'ajoutent les nombreuses recommandations du rapport final et des appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, ainsi que le rapport final de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et ses appels à la justice. On trouve également de nombreuses autres listes de recommandations dans d'autres études, rapports et documents. Le travail que la GRC a déjà entrepris dans les communautés métisses au moyen de programmes précis de même que les expériences des agents métis demeurent cependant largement inconnus. L'évaluation de ce qui est tenté et de ce qui est recommandé est essentielle pour tracer la voie à suivre.

Recommandations

Comme l'a déclaré l'ancien juge Murray Sinclair : « La réconciliation n'est pas un sport de salon. On ne peut pas rester assis et attendre que les autres fassent le boulot [traduction]. » (CBC Radio, Unreserved, 25 septembre 2021). C'est donc un processus que la GRC devra entreprendre avec les Métis. L'auteure recommande de prendre les mesures suivantes pour entamer ce processus :

  1. Établir un compte rendu historiquement exact des relations entre les Métis et la GRC depuis le contact jusqu'à aujourd'hui. Chaque Canadien devrait y avoir accès sur le site Web de la GRC;
  2. Offrir une formation exacte sur le plan culturel afin que tous les membres opérationnels et le personnel de la GRC comprennent qui sont les Métis et comment ils se définissent;
  3. Évaluer ce qu'on attend de la GRC, y compris les appels à l'action de la Commission de vérité et réconciliation, les appels à la justice de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées et les objectifs énoncés dans le Plan d'action national. Cette évaluation doit comprendre les initiatives actuelles de la GRC et être réalisée par un organisme externe;
  4. Enfin, un acte de réconciliation important serait d'ériger un monument permanent sur le terrain de la Division F à Regina, en Saskatchewan, là où Louis Riel a été pendu.

Pour établir une relation solide, les Métis et la GRC doivent se rencontrer sur un plan humain, comme le souligne Willie Ermine (1999) dans Ethical Space of Engagement. Reconnaître l'ensemble de notre histoire, ainsi que les efforts plus récents de la GRC, aidera à créer cet espace éthique à partir duquel ce processus pourrait enfin être réalisé.

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