Stratégie de Réconciliation de la Division L de la GRC 2021-2025

Contexte

Des membres des Premières nations en tenue de cérémonie dansent lors du défilé d'ouverture du Pow Wow des Premières nations d'Abegweit. La GRC de l'Île-du-Prince-Édouard marche également avec eux.

La GRC accorde une grande importance à la relation qu'elle entretient avec les Autochtones de l'Île-du-Prince-Édouard. Au cours des dernières années, plusieurs activités ont été organisées pour favoriser l'engagement, la confiance et les relations entre les Autochtones et la police dans la province. Ces activités donnent non seulement la possibilité aux services de police de mieux comprendre la signification et l'importance de la réconciliation avec les Autochtones, mais aussi d'améliorer les relations actuelles. Elles contribuent ainsi à accroître la confiance dans le partenariat établi entre les deux groupes.

Pour travailler avec les Autochtones ou pour leur offrir des services, il est essentiel de le faire en adoptant un point de vue autochtone.

Bringing Balance to the Scales of Justice: Fulfilling Our Responsibility to Indigenous People Involved in the Justice System (document disponible en anglais seulement)

Les Autochtones de l'Île-du-Prince-Édouard

L'Île-du-Prince-Édouard compte 2 735 Autochtones, soit 1,9 % de la population totale de la province. Ce nombre comprend les Premières Nations, les Métis et les Inuits. La province compte aussi deux collectivités des Premières Nations mièkmaq : Abegweit et Lennox Island.

À la Division L de la GRC, 1,2 % des employés actuels s'identifient comme Autochtones.

Vision

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Des membres de la GRC en tunique rouge et des membres des Premières nations d'Abegweit en costume traditionnel attendent le défilé d'ouverture du Pow Wow d'Abegweit.

La GRC à l'Île-du-Prince-Édouard continue de créer un environnement positif dans le but d'établir des relations saines avec les collectivités autochtones qui permettront d'offrir des services de police sensibles et adaptés à la culture. Il s'agit d'un objectif commun et d'une approche holistique visant à renforcer nos collectivités et à offrir une tribune pour favoriser une meilleure compréhension et une véritable guérison ainsi qu'à offrir une base solide sur laquelle s'appuyer pour avancer, ensemble, vers un avenir prometteur.

Engagement

La Division L de la GRC continue d'entretenir des relations avec les Autochtones de l'Î.-P.-É., dont les collectivités et les élus des Premières Nations d'Abegweit et de Lennox Island, ainsi que diverses organisations autochtones. En ciblant ses efforts à approfondir les connaissances et à accroître la compréhension, la GRC est résolue à déterminer, de concert avec les Autochtones, les gestes concrets à poser pour favoriser une véritable réconciliation.

En voici quelques exemples :

  • dialogue ouvert avec le Comité consultatif autochtone des commandants divisionnaires;
  • communications avec le chef et les représentants des Premières Nations d'Abegweit et de Lennox Island;
  • collaboration soutenue avec les collectivités des Premières Nations afin de mobiliser les bonnes ressources policières pour leurs collectivités respectives afin de veiller à établir des relations positives;
  • réunions et discussions régulières avec la Mi'kmaq Confederacy of PEI, et d'autres organisations, comme le Native Council of PEI et la Aboriginal Women's Association of PEI;
  • collaboration, appui et participation de la haute direction aux événements pour favoriser la compréhension et la reconnaissance d'une histoire commune.

Travailler ensemble

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Les plumes d'aigle de cérémonie sont placées dans des pochettes décoratives ornées des couleurs de la GRC. Ces plumes sont utilisées dans les tribunaux pour que les membres des Premières nations puissent prêter serment avant de témoigner.

L'établissement d'une stratégie avec des partenaires autochtones signifie qu'il nous faut reconnaître les erreurs du passé et les assumer pour ne pas les reproduire. Il faut maintenant nous tourner vers l'avenir pour suivre une nouvelle voie sur laquelle la relation sera fondée sur le respect et la confiance mutuels.

La réconciliation à l'Î. -P.-É

La réconciliation est une relation qui appelle à l'engagement entre deux groupes. À l'instar de toute relation solide perdurable, il faut se comprendre, passer à l'action, et avancer ensemble. Seul le fait de faire des gens une priorité en respectant et en valorisant les différentes perspectives permettra d'y arriver. La réconciliation exige d'établir une relation solide et perdurable afin de permettre un engagement soutenue pour veiller à ce que le travail et les valeurs des deux parties concordent dans l'atteinte d'objectifs communs.

Objectifs de réconciliation

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La chef de la Première nation de Lennox Island, Darlene Bernard, en tenue de cérémonie, aux côtés du commandant de la GRC de l'Île-du-Prince-Édouard, le surintendant principal Kevin Lewis.

La Stratégie de réconciliation de la Division L vise à renforcer les relations actuelles avec les personnes et les collectivités autochtones de l'Île-du-Prince-Édouard et à en bâtir de nouvelles. En s'engageant auprès des dirigeants et des représentants autochtones, la GRC continuera de trouver des initiatives qui favoriseront la confiance, la compréhension et le respect entre la GRC et les collectivités autochtones auxquelles elle offre des services de police.

  • Veiller à engager un dialogue ouvert avec les collectivités autochtones dans le cadre du processus de réconciliation afin de fournir des services davantage axés sur la collectivité.
  • Améliorer les efforts de sensibilisation et d'information des employés de la GRC pour approfondir leur compréhension à l'égard de la culture et de l'héritage des Premières Nations et afin qu'ils fassent preuve de compétence culturelle lorsqu'ils travaillent avec des collectivités autochtones.
  • Accroître le nombre d'initiatives axées sur la participation des collectivités autochtones grâce à des programmes et à des échanges.
  • Veiller à ce que les efforts concordent avec les objectifs et les conclusions de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (FFADA) de la Commission de vérité et de réconciliation.

Résultats et effets

La Division L de la GRC demeure résolue à enrichir les relations entre les Autochtones et ses employés et à offrir des services de police adaptés à la culture à l'Île-du-Prince-Édouard. En reconnaissant l'histoire et en la comprenant ainsi qu'en reconnaissant que la réconciliation est un engagement à long terme, on a trouvé des occasions qui garantissent que les initiatives contribuant à la réconciliation sont opportunes et que les objectifs sont atteints avec respect.

Measurer les résultats

Afin de définir et de mesurer le succès dans le contexte des objectifs de cette stratégie, la Division L veillera à mettre en œuvre les méthodes suivantes :

  • accroître l'engagement auprès des partenaires autochtones;
  • accroître l'offre de formations et d'ateliers de sensibilisation adaptés à la culture à l'appui des collectivités et des jeunes autochtones;
  • améliorer la communication avec les représentants et les chefs des Premières Nations et les groupes communautaires autochtones;
  • consigner toutes les initiatives du plan de rendement annuel du commandant de la Division L pour favoriser la réconciliation.

La stratégie de réconciliation de la Division L continuera d'évoluer à mesure que nous renforçons nos relations avec les personnes et les collectivités autochtones de l'Île-du-Prince-Édouard. La GRC est ouverte et résolue à trouver d'autres façons d'harmoniser ses valeurs et d'atteindre des objectifs communs en travaillant de pair afin de favoriser la réconciliation.

Mot de l'artiste

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La chienne de la GRC de l'Î.-P.-É., "Lola", est assise avec le caporal Ian Allen dans une salle de classe de l'école des Premières nations de Lennox Island, montrant Lola aux jeunes élèves.

Qu'est-ce que la réconciliation?

La réconciliation est l'etablissement d'une relation entre les Autochtones et les non-autochtones de partout au Canada. Pour y arriver, nous devons travailler ensemble afin de surmonter les effets dévastateurs de la colonisation.

Il est essential de reconnaître l'existence de pratiques et de politiques néfastes, comme les pensionnats, la perte de terres, l'iniquité en matière d'accès aux services essentiels et l'interdiction des pratiques culturelles et des langues traditionnelles.

Cette œuvre faite de piquants de porc-épic est l'une de mes préférées. Le chandail orange représente les enfants des pensionnats et les pertes qu'ils ont subies. Il symbolise l'histoire d'une enfant qui portait un chandail orange lorsqu'elle a été amenée au pensionnat. On lui a dit qu'elle pourrait récupérer son chandail, mais elle ne l'a jamais revu.

La robe rouge représente les femmes et les filles disparues et assassinées au Canada. Dans certaines tribus, on dit que le rouge est la seule couleur que les esprits voient. Le fait de porter du rouge donne l'espoir de pouvoir rappeler les esprits disparus des femmes et des filles et de les conduire à leur dernier repos.

Le cercle sacré et les quatre couleurs représentent pour moi l'harmonie et l'unité entre les quatre races, les quatre aspects de la santé (mentale, physique, émotive et spirituelle) essentiels au bien-être d'une personne, les quatre éléments (le feu, l'eau, l'air et la terre), les quatre points cardinaux ainsi que les quatre saisons.

Enfin, et surtout, ma favorite : l'étoile à huit pointes. L'étoile à huit pointes est le symbole des Mi'kmaq depuis des siècles. Elle représente les huit districts du peuple mi'kmaq.

Depuis que je me suis mise à l'art avec des piquants de porc-épic, je suis interpelée par l'étoile à huit pointes, que j'ai intégrée à bon nombre de mes œuvres d'art.

Kay Sark

Les œuvres en piquants de porc-épic de Kay Sark seront exposées au bureau de la communauté de la Première Nation de Lennox Island.

Réflexions importantes pendant le Mois de l'histoire des Mi'kmaq

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Le chef de la Première nation Abegweit, Roddy "Junior" Gould, en tenue de cérémonie, aux côtés du commandant de la GRC de l'Île-du-Prince-Édouard, le surintendant principal Kevin Lewis.

À l'occasion du Mois de l'histoire des Mi'kmaq, la gendarme Louanne McQuaid s'est entretenue avec l'Aînée Doreen Jenkins de la Première Nation d'Abegweit, à Scotchfort (Île-du-Prince- Édouard), qui lui a fait part d'importantes réflexions.

Qu'aimeriez-vous que les gens sachent sur l'histoire de la communauté des Mi'kmaq?

Je pense qu'il est vraiment important d'être conscient que lorsque le créateur nous a donné cette terre, notre peuple a toujours pris soin des ressources qu'il avait. Que ce soit pour la pêche ou la chasse, nous nous assurions de nous déplacer d'un endroit à l'autre sur l'île pour ne pas la surexploiter. Nous faisions toujours attention à ce qui nous entourait et nous utilisions nos ressources avec ingéniosité. Nous nous assurions de ne prendre que ce dont nous avions besoin et, aussi, de ne jamais prendre la place de quelqu'un d'autre. Voilà une très bonne analogie pour expliquer notre interprétation de ce qui nous est donné aujourd'hui. Dans nos traditions, il est toujours important de savoir que nous sommes un peuple très fier, et que nous l'avons toujours été, jusqu'à l'arrivée de l'alcool et des drogues. L'alcool et les drogues vous donnent tout ce que vous voulez, jusqu'à ce qu'ils vous attrapent. Et une fois que vous êtes pris, vous n'avez plus aucun pouvoir sur eux. De toutes les difficultés que nous avons vécues parce que nous habitions dans les réserves, l'alcool et la drogue ont eu raison de notre fierté, de notre dignité et de notre estime de soi. C'est toute notre qualité de vie qui a été changée.

Quel conseil avez-vous à donner?

Maintenant que je suis une aînée, je repense à toutes les différentes facettes de ma vie que j'ai traversées jusqu'à maintenant, et à toutes les difficultés que les enfants doivent surmonter aujourd'hui. Je pense que notre leadership dans nos réserves est la principale clé qui nous aidera à faire en sorte que les gens retrouvent un peu de leur pouvoir, de leur force et de leur confiance en eux. Brian Francis et le chef Junior Gould sont les deux chefs qui me touchent le plus au coeur. Ils ont fait avancer les réserves de façon phénoménale. Il y a maintenant tellement de bonnes activités pour les enfants, et ils leur font savoir qu'ils sont importants et qu'ils ont leur mot à dire. Les enfants sont capables de se défendre et de dire : « Vous ne pouvez pas me faire ça, vous ne pouvez pas me traiter comme ça ». Leur enseigner la préservation de soi, la dignité et le respect est tellement important. Le respect de sa culture et de soi-même nous donne la force d'être la personne que nous sommes censés être. Les mots comptent. Ils changent pour nous, pour notre estime de soi. Les enfants transmettront à leur tour la force et l'éducation que nous leur aurons données. Il est aussi important que les gens entendent les mauvaises histoires, parce que ces actes ne devraient jamais être répétés dans la société.

Vous avez mentionné plus tôt, lorsque je vous ai parlé, que votre premier amour est vous-même?

Absolument. Connaître l'amour de soi, c'est savoir que l'on ne se laissera jamais rabaisser. Que l'on a le courage de s'éloigner des personnes qui nous font du mal. C'est avoir le courage de dire « Tu ne peux pas me faire ça, je ne l'accepterai pas ». C'est important que nos enfants restent forts, qu'ils évitent de se laisser tenter par les drogues et l'alcool, et qu'ils gardent en bonne santé mentale, physique et spirituelle.

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Le flash d'épaule d'un membre de la GRC en tunique rouge est montré en marge d'un arrière-plan flou d'une danseuse lors du Pow Wow des Premières Nations d'Abegweit.

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Des membres de la GRC de l'Î.-P.-É. en tunique rouge se tiennent aux côtés du membre Mi'kmaq et sénateur canadien Brian Francis lors du pow-wow d'Abegweit.

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Des membres de la GRC de l'Î.-P.-É. en tunique rouge aux côtés du chef de la Première nation d'Abegweit, Roddy "Junior" Gould, lors du pow-wow d'Abegweit.

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