Modèle d’intervention pour la gestion d’incidents

Les agents de la GRC utilisent le Modèle d'intervention pour la gestion d'incidents (MIGI) afin d'évaluer et de gérer les risques chaque fois qu'ils ont une interaction avec le public. Cela les aide à déterminer quel type d'intervention est approprié : désamorçage verbal ou recours à une autre méthode.

Le MIGI s'aligne sur le cadre national de recours à la force de l'Association canadienne des chefs de police (ACCP) et contribue à l'emploi d'une terminologie commune en matière d'intervention policière par les services de police canadiens.

Les cadets qui étudient à l'École de la GRC (Division Dépôt) apprennent ce qu'est le MIGI à leur deuxième semaine de formation. Le MIGI est ensuite intégré à la formation durant les 24 semaines restantes.

Après leur départ de la Division Dépôt, tous les policiers de la GRC doivent renouveler leur qualification au MIGI chaque année.
Le MIGI n'est ni une politique ni un texte de loi et ne doit pas être considéré comme un modèle pour justifier le recours à une intervention policière.

Le Modèle d'intervention pour la gestion d'incidents en pratique

Modèle d'intervention pour la gestion d'incidents (MIGI)
Incident Management/Intervention Model. Text version below.
Modèle d'intervention pour la gestion d'incidents - Version textuelle

Le Modèle d'intervention pour la gestion d'incidents est représenté sous forme de roue, composée de couches concentriques, qui reflète la nature dynamique et en évolution rapide du travail policier, de même que la nécessité continuelle pour le policier d'évaluer les risques associés à une situation donnée.

Au centre se trouve le policier qui utilise le modèle de résolution de problèmes CAPRA (Clients, Acquisition et analyse de renseignements, Partenariats, Réponses, Autoévaluation). Vers l'extérieur du cercle se trouvent les éléments qui aident le policier à effectuer une évaluation des risques appropriée.

Les couches de la roue sont les suivantes, du centre vers l'extérieur :

  1. Éléments de la situation : Les éléments de la situation changent continuellement et ont une incidence sur tout le déroulement d'une intervention policière.
  2. Comportement du sujet : L'échelle de comportements du sujet progresse du niveau le plus bas au plus élevé :
    1. Coopératif
    2. Résistant passif
    3. Résistant actif
    4. Agression
    5. Lésions corporelles graves ou mort
  3. Considérations et repositionnement tactiques : Option souvent mise à la disposition d'un agent dans une situation donnée.
  4. Options d'intervention : Les options d'intervention sont représentées par des couleurs qui se fondent les unes dans les autres étant donné que chacune d'elles a plusieurs niveaux et qu'elles peuvent être utilisées pour intervenir face à n'importe quel comportement affiché par le sujet, d'après l'ensemble de la situation. Les options d'intervention indiquées sur le graphique sont les suivantes :
    1. Présence de l'agent : Première intervention policière, car un agent doit assurer une présence pour pouvoir avoir une influence sur la situation.
    2. Communication : La communication est toujours nécessaire et peut prendre différentes formes tout au long d'une intervention policière.
    3. Contrôle physique : Cette intervention se divise en deux, soit le contrôle physique modéré et le contrôle physique intense, et le degré de contrôle dépend du comportement du sujet.
    4. Armes intermédiaires : Cette intervention chevauche celle du contrôle physique. Un éventail de niveaux et d'options peuvent être utilisés dans cette catégorie.
    5. Force mortelle : Cette intervention chevauche celles de la présence de l'agent, de la communication, du contrôle physique intense et des armes intermédiaires. La force mortelle est utilisée lorsque le comportement du sujet risque de causer des lésions corporelles graves ou la mort.
  5. Intervention et désescalade en situation de crise (IDC) : L'IDC est le but recherché de toute interaction policière; cet outil est à la disposition du membre durant toute l'interaction, peu importe sa gravité ou le risque présent.

Le MIGI est une aide visuelle qui permet au policier de visualiser un événement et d'expliquer la raison pour laquelle il a utilisé certaines méthodes d'intervention. Il est aussi très utile quand un policier doit expliquer clairement ses actes au tribunal. C'est également un outil pédagogique qui sert à former les agents.

La représentation circulaire du graphique vise à refléter le caractère dynamique et évolutif du travail policier. Contrairement à un continuum ou à une suite linéaire, le modèle ne guide pas le policier dans une série d'étapes comprenant différentes options d'intervention. Le policier choisit plutôt une option appropriée pour maîtriser la situation, en fonction :

de considérations tactiques
  • faible éclairage
  • présence de renforts
  • couvert à proximité
  • distance qui le sépare du sujet;
de sa perception
  • taille de la personne
  • armes à proximité
  • démêlés précédents avec la personne
  • état émotionnel de la personne
de facteurs situationnels
  • conditions météorologiques
  • heure
  • lieu
  • nombre de personnes présentes par rapport au nombre de policiers sur les lieux
du comportement du sujet
  • sa coopération
  • sa résistance active ou passive
  • son agressivité
  • le risque de lésions corporelles graves ou de mort

Ces informations servent au policier à faire sa propre évaluation des risques.

Les policiers sont aussi formés à continuellement évaluer les risques durant une interaction avec le public, car les choses peuvent changer très rapidement. Les policiers doivent toujours être prêts à changer de tactique.

Expliquer l'intervention

Les policiers doivent également expliquer clairement ce qui s'est passé avant, durant et après l'incident. Il s'agit d'un processus « formulé sur le plan du droit ».

L'intervention du policier est mesurée par rapport à ce qu'un policier raisonnable, compétent et prudent ferait dans une situation similaire.

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